Vive la marine marchande
Je m’appelle Émilie, j’ai 26 ans. Je vis dans une résidence agréable, dans une ville portuaire plutôt sympa, où il fait bon flâner quand le vent salé caresse les quais. Célibataire et actuellement en recherche d’emploi, je profite pleinement de ma liberté. Mon physique me facilite parfois la vie, je ne vais pas mentir. Quand on a des formes, un joli sourire et une certaine aisance avec les gens, il serait dommage de ne pas en jouer un peu.
Dernièrement, j’ai décroché un poste d’agent d’accueil dans une association dédiée aux marins étrangers qui font escale. Une sorte de petite maison chaleureuse où ils peuvent boire un verre, changer leurs devises, jouer au billard et surtout croiser un regard féminin, ce qui ne leur arrive pas souvent. Le poste demandait de la disponibilité, une bonne maîtrise de l’anglais (que je parle couramment) et une certaine débrouillardise dans d’autres langues. Évidemment, le fait d’être célibataire et ouverte aux horaires atypiques a pesé dans la balance.
On m’a prévenue dès l’entretien : ce monde-là est très masculin, les femmes y sont rares, et encore plus les femmes jeunes et jolies. Mais avec mon sourire, ma gentillesse… et un petit coup de langue bien placé, j’ai su faire tomber les dernières réticences du recruteur. Rien ne me fait peur. J’ai pris le poste sans hésiter. Et vogue la galère !
Je travaille en deux temps : les matinées sont réservées aux visites à bord des navires, et les soirées à l’accueil dans les locaux de l’association. Ce matin-là, j’enfile mon ciré jaune, attache mes longs cheveux blonds en queue de cheval haute, glisse mes hanches dans un jean bien moulant, et je pars sur le port, accompagnée d’un collègue plus âgé.
Il me désigne un grand cargo battant pavillon grec. Nous montons à bord, accueillis avec de larges sourires par les marins et les officiers. Je sens aussitôt les regards appuyés, curieux, affamés. Et franchement, ça me plaît. Mon collègue, mi-sérieux, mi-amusé, me glisse à l’oreille :
— Fais attention à toi. Ces gars partent parfois pour neuf mois. Les escales sont rares, et les femmes, encore plus.
Je souris. « Tant mieux », me dis-je intérieurement. Après tout, je suis célibataire, et certains de ces hommes sont loin d’être désagréables à regarder.
Un en particulier attire mon regard. Grand, musclé, la peau mate et burinée par le soleil, la quarantaine virile et assumée, des yeux noirs profonds, et cette manière lente et assurée de se mouvoir… Il s’approche de nous. En anglais, il nous souhaite la bienvenue et nous invite à sa table. C’est le capitaine. Mon cœur fait un bond.
Nous passons un délicieux moment à discuter. Il est drôle, cultivé, et surtout terriblement séduisant. Ses yeux brillent quand il me parle. Quand je repars, je suis un peu sonnée. Mon entrejambe, elle, est carrément trempée. Ma petite culotte, gorgée d’envies.
Le soir, je suis de service pour accueillir les marins de ce même navire. Je soigne mon look : jupe moulante au-dessus du genou, chemisier ajusté qui met en valeur ma poitrine généreuse, lèvres brillantes, regard souligné d’un trait subtil. Je veux qu’on me remarque.
Ils arrivent peu à peu, et les regards se posent sur moi avec une intensité retenue. Ils n’osent pas encore. Mon « faux capitaine » de ce matin n’est pas là. Je leur propose une partie de billard avec mon collègue, histoire de me libérer un peu.
C’est alors que deux hommes entrent. L’un est grand, mince, d’une élégance rare. Redingote ouverte, costume bien coupé, regard noir magnétique. Il est plus que séduisant. Il dégage une puissance brute, une aura presque animale. L’autre, plus discret, est trapu, solide, silencieux.
Le grand me salue en anglais, se présente : Athanas, capitaine du navire. Je suis surprise. Donc, l’homme de ce matin n’était pas le capitaine. Dommage, mais pas grave. Ce soir, j’ai envie de sexe. Et je sens qu’Athanas a de quoi m’embarquer très loin.
Il s’assied près de moi. Sa voix grave me caresse l’oreille. Il me parle doucement, me regarde intensément. Je sens ses yeux qui m’effeuillent sans honte. Il me complimente, avec cet accent étranger qui rend tout plus sensuel. Il me trouble, sérieusement.
Je lui propose un tour en voiture. Il accepte, naturellement. Quelques minutes plus tard, nous sommes garés dans un coin isolé, près du parc. Il coupe le moteur, me regarde. Je mouille déjà. Je sais que je vais passer une nuit inoubliable.
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