Le metteur en scène

Je m’appelle Pierre, j’ai 50 ans et je suis metteur en scène. On dit que j’ai beaucoup de charme et surtout un grand magnétisme qui plaît beaucoup aux femmes. Je mesure 1m75, cheveux châtains clairs, yeux noisettes, mince, pas très musclé, j’ai comme on dit un physique d’intellectuel. Sans ressembler à Woody Allen, je ne suis pas non plus Brad Pitt. Mais le succès attire les femmes, et je n’en manque pas.

Je vis plus ou moins en couple avec une attachée de presse un peu bourgeoise, un peu coincée, très sexy dans ses tailleurs moulants, ses chignons un peu stricts, ses hauts talons, sa bouche pulpeuse très maquillée, ses décolletés provocants, hum…je rêve de la voir se déchaîner et faire de moi sa petite lopette obéissante, mais hélas elle n’en fait rien, et sexuellement, je deviens très frustré. Ma dominatrice potentielle adore les mecs virils et entreprenants, ce qui nous éloigne chaque jour un peu plus. Oh, je sais qu’elle a sans doute des amants, et j’adorerais la voir se faire prendre par des vrais mecs, pas comme moi, mais en plus, elle se cache en bonne petite bourgeoise coincée et je ne participe même pas.

Alors, je mets toute mon énergie dans ma prochaine pièce de théâtre. J’ai toujours été très classique jusqu’ici, j’ai fait mes preuves et maintenant, je veux une œuvre qui me ressemble, et qui fasse ressortir mes fantasmes les plus inavouables.

Grand fan de littérature érotique, j’ai décidé d’adapter une œuvre de Sacher-masochs, «  La Vénus à la fourrure ». C’est l’histoire d’un type banal qui découvre très tôt qu’il est excité par les femmes dominatrices, plus âgées, un fétichiste qui aime se faire humilier et devenir la chose de la femme, la vraie, qui le façonne à son envie.

Une actrice se présente. Je ne la sens pas, trop blonde,  trop jeune, trop moderne, je ne l’imagine pas autoritaire et vicieuse. Je lui dis d’emblée qu’elle n’aura pas le rôle. Elle demande à faire un essai. Je refuse, c’est du temps perdu. Et là, tout s’enchaîne. Elle se transforme littéralement, elle exige de faire un essai, elle est rouge de colère, elle m’insulte, me  dit que je suis une lopette sans couilles qui a peur d’elle, et soudain , je la trouve très excitante !

J’accepte, nous montons sur scène et là, elle se métamorphose, elle délace son corset, ses gros seins blancs laiteux pigeonnent, elle se remaquille outrancièrement, mascara, rouge à lèvres, et enfile lentement des cuissardes à hauts talons directement sur ses longues jambes nues . Je suis sans voix, je la regarde bêtement, je bande comme jamais, je suis en sueur.

Elle prend le fouet et le fait claquer sur le sol, en m’ordonnant de me mettre à genoux. J’ignore si c’est un jeu, je ne bouge pas, et là, elle m’insulte et m’ordonne d’obéir. J’ignore pourquoi, je me mets à genoux et je m’entends lui demander pardon d’une voix fluette. «  Parle plus fort, espèce de bon à rien » ordonne-t-elle ! Et je lui obéis…

Je lui demande la faveur de toucher ses jambes. Elle ricane fort et m’ordonne de venir lui lécher les bottes. Je suis rouge et très excité, je lèche. Elle me traite de bon à rien, de lopette, de sous-merde, et je dis « oui, oui, encore Maîtresse ». «  Tu m’appartiens », dit-elle, tu es ma chose, tu fais ce que je t’ordonne, tu n’existes plus en tant qu’homme, tu es ma salope, ma pute, ce que je te dirai d’être !

Je tente de protester, un reste d’orgueil mal placé . Elle me corrige aussitôt, fait claquer son fouet sur mon dos, me faisant bander encore plus. Elle m’attache les testicules avec un lacet de chaussure et dit «  ça te rappellera que tu es une lopette sans couilles ! ». Ce n’est plus moi qui mène le jeu, c’est elle qui dirige la scène désormais. Elle approche de moi, je suis à genoux, elle saisit ma tête et la place entre ses cuisses, en m’ordonnant de lécher sa chatte. Je m’exécute, c’est trempé, c’est le délicieux nectar de ma Maîtresse qui coule sur mes lèvres, je n’osais plus l’espérer ! Cette femme me fait faire tout ce qu’elle veut. Elle me jette par terre dès qu’elle a joui, et une fois au sol, elle se moque de moi, et me dit «  tu es un chien galeux et je vais te mettre au pas, je suis ta Maîtresse, et tu n’existes que pour me satisfaire ». Elle a raison, et je la remercie, à plat ventre. J’ai enfin ce dont j’ai toujours rêvé, pourvu que j’arrive à ne pas la mécontenter pour qu’elle me garde et m’humilie encore davantage…

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